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Soins dentaires: une assurance publique unique

February 26, 2018

OPINION. Les Vaudois se prononceront le 4 mars sur une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base, une première suisse. Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise de commerce, liste les raisons de rejeter ce texte

 

 

 

 

Les Vaudois diront le 4 mars prochain s’ils veulent d’une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base. Il s’agit d’une première suisse, alors que des projets similaires ont été lancés depuis lors dans les cantons du Valais, de Genève et de Neuchâtel. Affirmons-le d’emblée: cette étatisation sanitaire voulue par la gauche n’augure rien de bon à la lumière de ce qui se fait en la matière en Europe de l’Ouest. Au Royaume-Uni, le système de santé publique est au bord de la faillite, par manque de moyens. En France, le trou de la Sécurité sociale se creuse depuis de nombreuses années. Plus près de nous, la LAMal, l’assurance obligatoire de soins, s’enfonce dans un gouffre financier depuis 1996. L’importante bureaucratie qui découle de son application a induit une hausse continue des coûts, sans que personne ne parvienne à enrayer cette spirale infernale. On peut légitimement craindre qu’il en aille de même avec le modèle prescrit par les tenants de l’initiative vaudoise. Voilà une première raison de rejeter ce texte.

 

 

Ne plus surcharger le bateau

La deuxième tient au mode de financement de cette assurance, dont les coûts annuels sont estimés à près de 400 millions de francs. Le régime proposé prévoit un prélèvement sur le revenu calqué sur celui de l’AVS. On parle d’une ponction paritaire proche des 0,6 à 0,7%. Les indépendants, ainsi que toutes les personnes cotisant à l’assurance vieillesse qui ne sont pas actives, passeront également à la caisse. Cela représentera pour les travailleurs l’équivalent d’une treizième prime maladie. Pour les autres, à savoir les rentiers AVS, les jeunes de moins de 18 ans et les demandeurs d’asile (soit environ 270 000 personnes), l’initiative prévoit la prise en charge des soins dentaires «par la politique sanitaire cantonale». Autrement dit, par l’impôt! Offrir le dentiste à tous les habitants du canton en faisant régler la note par une moitié d’entre eux est inacceptable. Cessons de grever le budget de la classe moyenne!

Cela représentera pour les travailleurs l’équivalent d’une treizième prime maladie

Le même constat vaut pour l’économie. Il est évident que ce prélèvement fragiliserait encore un peu plus les entreprises de notre canton et menacerait notre prospérité. La compétitivité dépend, notamment, du maintien de charges sociales supportables. A cet égard, il faut rappeler que l’économie vaudoise a largement contribué au progrès social ces dernières années, par le biais de contributions pour la formation professionnelle, pour l’accueil de jour des enfants, par des prestations complémentaires pour les familles et la rente-pont et, enfin, à travers l’augmentation des allocations familiales. Le temps nous paraît venu de ne plus surcharger le bateau.

Autre motif de rejeter ce texte: la couverture offerte, qui sera sans commune mesure avec le coût élevé du dispositif. Pour les citoyens, il est illusoire d’espérer des couronnes dentaires, des implants, voire des traitements orthodontiques: les assurés auront droit principalement au remboursement de leur détartrage, de leur contrôle annuel et aux soins de base comme le traitement des caries. Et, au final, tous ces soins coûteront davantage qu’aujourd’hui à cause du processus administratif lourd qui les encadrera, et qu’il s’agira de financer.

 

 

Aides cantonales ciblées

Enfin, on peut affirmer que l’introduction d’une assurance dentaire obligatoire cantonale ne répond pas aux besoins réels de la population. Le système suisse de soins dentaires, basé pour l’essentiel sur la prévention et sur la responsabilité individuelle, a largement fait ses preuves depuis des décennies. Les mesures de prophylaxie mises en œuvre dans notre pays, dès les années 1960, ont contribué à faire chuter drastiquement le nombre de caries. En outre, huit enfants vaudois sur dix sont assurés auprès d’une caisse pour les soins dentaires (y compris l’orthodontie), par le biais de complémentaires ou d’assurances dentaires globales. Quant aux personnes souffrant d’une santé buccodentaire déficiente et de moyens financiers restreints, elles sont près de 70 000 à bénéficier d’aides cantonales ciblées.

Pour toutes ces raisons, un rejet de cette initiative s’impose le 4 mars prochain.

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